|
DANSE: UN REPERTOIRE “JAZZ” POUR DEMAIN !
Une danse jazz pour demain!... Ce titre, loin d’être un fantasme, traduit à la fois un voeu et une affirmation. Mon grand désir est d’offrir à la création chorégraphique d’aujourd’hui, au public, ainsi qu’à la “comunauté jazz”, des oeuvres qui soient en phase avec notre environnement, notre contexte, notre réalité, nos pensées et visions.
Le repertoire musical jazz, depuis Louis Armstrong, Duke Ellington, Charlie Parker, Miles Davis, John Coltrane et Winton Marsalis, représente un très grand - et vrai – trésor esthétique, intellectuel, spirituel de l’expression artistique moderne.
Ce grand repertoire demeure quasiment inexploré (voire inexploité) par les créateurs chorégraphiques, y compris ceux qui se nomment “créateurs jazz” . lorsque ces derniers se sont confrontés aux oeuvres du repertoire musical jazz, ils l’ont approché avec les outils, codes et valeurs esthetiques des années 1950 – c’est à dire inspires par Alvin Ailey, Martha Graham, Talley Beatty ou Hollywood et broadway d’une manière plus générale.
Ces outils se révèlent inappropriés pour aborder avec les “yeux” et le “corps” d’aujourd’hui les oeuvres musicales qui suivent les années 1950 : plus précisément celles qui suivent la révolution esthétique de Ornette Coleman et John Coltrane. Pour explorer les voies ouvertes par ces créateurs, pour aller à leur rencontre, nous devons repenser les codes préexistant et en inventer de nouveaux.
“une danse jazz pour demain” c’est enfin rendre hommage à ces visionaries, qui au-delà de leurs innovations techniques, ont fortement affirmé la valeur de la vie face à l’adversité, nous ont montré le chemin pour exorciser le mal de vivre avec la musique et la danse. C’est un devoir de leur rendre hommage.
James carles, Toulouse 11 juin 2006
JAZZ “NOUVEAU CONCEPT”
La nécessité de mettre en adéquation la danse jazz avec sa nouvelle époque, son nouvel environnement, son temps, impose l’idée d’un nouveau concept pour cette pratique chorégraphique.
Le Jazz “nouveau concept” n’est ni une technique, ni un style; mais à la fois un regard critique sur la pratique de la danse jazz des soixante dernières années; et une immersion dans les principes philosophiques de la culture qui sous tend la (les) danse (s) jazz.
Ces principes apparaissent comme étant:
L’expression de l’individu (expression de soi, singularité et liberté dans l’interpretation),
L’affirmation de la membralité (nous sommes tous lies les uns aux autres) et par consequence nous refusons l’esthetique de l’effacement et de la solitude.
La supériorité de la vie face à la mort (nous refusons l’idée du désespoir et du pessimisme)
Le dépassement de soi (on vient de quelque part, et on transmet aux autres ce que l’on a reçu et ce qu’on a trouvé )
Le sentiment comme une humeur et une réalité qui se vit dans le corps et se voit à travers le corps,
Le corps comme un “tout” physique et subtile
La forme, la structure, l’expressivité et l’âme qui forment en permanence un “tout–unique”: Le “style” impossible à métamorphoser.
L’idée fondamentale que l’individu est une “force” créatrice……..
Ainsi c’est à partir de ses principes que nous posons un regard critique sur:
- les outils et les modes de transmission dans la pratique pedagogique de 1950 à aujourd’hui
-“ l’objet” artistique recherché dans la pédagogie et la création dite traditionelle .
L’idée du nouveau concept c’est d’aller à la rencontre (en nous) d’une danse qui n’a pas besoin de se montrer, qui n’a rien à prouver. De rencontrer une danse qui se vit d’elle même, de l’intérieur et qui naturellement va vers “l‘autre” , mais qui conserve sa porosité, sa sensibilité à tout ce qui vient de l’extérieur, et qui met à l’épreuve notre capacité à réingérer..
Le jazz “nouveau concept” c’est favoriser la créativité et l’expression individuelle. C’est le refus de l’uniformisation et de l’effacement de la personne..c’est le refus de la forme pour la forme, de danser pour danser, de danser pour montrer, c’est refuser d’éviter son histoire personelle et collective, enfin c’est accepter l’idée de connecter en permanence l’imaginaire et le corps en “action” .
James carles, Paris 5 Aout 2006
Laisser des traces, Soulever l’histoire, Ouvrir des voies pour l’avenir...
W Barbaste, Dusseldorf 10 sep 06
DANSE JAZZ ET MUSIQUE JAZZ
De l’émancipation à l’errance?
Jusqu’au “années swing”, la musique jazz et la danse jazz se sont en permanence influences, mourries, entretenant l’un par rapport à l’autre un vis à vis de provocation, de défi, de tendresse et d’intimité profonde. Cette relation “con sanguine” souvent qualifiée de fusionelle à certainement contribué à la popularisation et au developpement de chacune de ses deux formes d’art.
Depuis les années cinquante, c’est à dire à partir de l’avènement du “be bop” et plus tard du “free jazz”, danse et musique jazz prenent chacune leur propre direction, l’un cesse de devenir pour l’autre un “objet-obsessionel-creatif”. Chacune s’envole par ses propres ailes, s’affirme par ses propres moyens. Depuis cinquante ans, la musique et la danse jazz ne cessent de se renouveller, chacune dans sa direction, allant, s’ouvrant toujours vers d’autres cultures, vers d’autres formes d’art.
Aujourd’hui par exemple, la danse jazz est la pratique chorégraphique la plus enseignée et la plus étudiée par les amateurs en France; comme en musique elle se pose des questions quant à sa nouvelle idendité.
Que reste-il de l’héritage des Baker, Dunham, Cole, Armstrong, Basie, Davis, Coltrane, Ellington et autres? Une rencontre est elle encore possible entre danse jazz et musique jazz?
James Carlès, Mansles 18 Juillet 2006
L 'ANIMISME AFRICAIN
une approche, une conception singulière de la vie et du cosmos
Je suis né au cameroun, j'y ai grandi jusqu'à mon adolescence. mon père et toute sa famille sont des animistes pratiquants. ma mère quant à elle était catholique, très pratiquante; je ne l'ai jamais vue pratiquer un culte animiste. j'ai reçu de manière très forte et très intense les deux éducations "religieuses" et spirituelles. baptisé des deux côté, puis communié et confirmé au sein de l'église catholique, j'ai tant bien que mal, essayé de conjuguer les deux traditions. le résultat était chaotique, c'était une source importante de conflit intérieur. les interdictions de l'un étant permises par l'autre, les permissions de l'autre étant des vrai sacrilèges pour l'un. ce conflit a atteint un tel degré de violence, que pour des raisons de survie, j'ai du entreprendre ma propre "démarche" dans l'une et l'autre voie pour me situer, me positionner. c'était nécessaire de découvrir réellement, en adulte, ce qui m'avait été si généreusement et si "naturellement" offert par mes parents. c'est une partie de ce travail (études pratiques, théoriques, investigations, méditations et réflexions ) que je vais vous présenter.
Cette présentation se fera en trois temps.
Dans un premier temps nous tenterons après une brève "définition" du mot animisme, de présenter quelques "piliers" de la conception animiste africaine; puis à partir de ces piliers nous allons relever les grands principes qui en découlent. Car c'est à partir de ces principes que l'être religieux et spirituel africain conçoit et construit (organise) sa vie quotidienne (réelle ou "sous le soleil"), avec lui même, l'autre (matériel et immatériel) et Dieu (l'unique). Enfin nous pourrons échanger librement sur les points qui vous interpellent.
I/ Quelques piliers
1- l'univers et la vie à trois dimensions, indivisible et ordonné (les vivants, les morts et le divin).
2- le souffle mouvementé et rythmé comme structure invisible de "l'être".
3- "l'être" humain est le pilier de l'univers (dernier arrivé, mais investi d'un pouvoir suprême: le verbe du créateur, qui lui impose responsabilité et humilité).
4- Dieu unique (incréé et inaccessible) mais présent.
5- la vie (souffle de Dieu), suprême et inébranlable.
....
II/ Quelques principes
1- l'être humain est indissociable (corps, âme, esprit)
2- l'équation fondamentale: ordre= équilibre= paix= vie
3- vitalisme: le vie est plus forte que la mort
4- la membralité: (nous sommes un membre du "monde" et non un morceau ou une partie)
5- la toile d'araignée ( nous sommes un "point" d'une toile cosmique unique)
6- le devoir d'humilité (nous sommes arrivé les "derniers", du moins tardivement sur terre)
7- la singularité de l'individu (exemple: le nom africain)
8- le relation au monde invisible (spiritualité et le refus de la solitude)
9- l'accumulation (ce qui nous précède et qui nous succède)
10- l'être humain est une "force" créatrice,
11- la communion comme principe d'équilibre (parler d'une seule bouche, marcher du même pied comme disait mon grand père)
12- le temps rythmé comme principe unificateur
13- l'homme "l'être humain" seul responsable de la vie (Dieu ne peut reprendre ce qu'il donné, un cadeau est un cadeau!)
III/ discussions
James Carlès, le 13/10/2006
|